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Le Pacifique ne veut plus être pillé

20 juillet 2011

Pour sa tournée annuelle dans les îles voisines, Murray McCully, qui occupe à la fois le portefeuille des Affaires étrangères et celui des Sports au sein du gouvernement néo-zélandais, avait choisi d’emmener un hôte de marque: l’ancien trois quart Jonah Lomu, véritable monument du rugby mondial. La première escale a eu lieu le 12 juillet aux Tonga, où Jonah Lomu a passé son enfance (cf vidéo ci-dessous). A moins de deux mois de la Coupe du monde, les autorités néo-zélandaises voulaient rappeler l’importance de cet événement pour toute la région du Pacifique. Sur le plan politique, la Nouvelle-Zélande y joue un rôle politique déterminant. Elle accueillera d’ailleurs juste avant le début de la compétition le Forum des îles du Pacifique, une organisation de coopération régionale qui réunit des pays indépendants et des territoires associés de l’Océanie.

La délégation néo-zélandaise a ensuite mis le cap sur les Samoa où Lomu a une nouvelle fois été accueilli en héros. Murray McCully en a profité pour inciter les habitants des nations du Pacifique à se mobiliser pour la Coupe du monde, en insistant sur le fait que cette compétition ne peut pas avoir lieu plus près de chez elles. Une proximité dont les Néo-Zélandais pourraient aussi profiter pour aider un peu plus le rugby des îles, estime le  journal The Samoan Observer.« Les équipes du Pacifique son mal préparées et elles auront beaucoup de mal à jouer les premiers rôles en Nouvelle-Zélande. Et ce qui est triste, c’est que la Nouvelle-Zélande aurait pu nous aider en réussissant à convaincre la Fédération internationale de rugby (IRB) de modifier les règles d’éligibilité afin que des équipes des Samoa, des Fidji ou des Tonga puissent être renforcées ».

Le journal s’en prend au règlement de l’IRB qui empêche un joueur de jouer pour son pays d’origine s’il a porté les couleurs d’une autre nation (cf le livre « Rugby, Coupe du monde inédite’« ). « Que font pour nous nos plus proches voisins, à savoir la Nouvelle-Zélande et l’Australie ?  Que font-ils à part mettre la main sur de nombreux joueurs talentueux en leur donnant une sélection pour un match international sans enjeu ?« , explique le journal, en regrettant que ces joueurs ne puissent plus ensuite jouer les Fidji, les Samoa ou les Tonga. Une situation qui contribue à affaiblir énormément ces sélections qualifiées pour la Coupe du monde. Pour Mata’afa Keni Lesa, l’auteur de la tribune, les équipes du Pacifique sont envoyées « à la boucherie » face aux grandes nations du rugby. « Rappelez-vous de mes mots: la Nouvelle-Zélande va très largement gagner face aux Tonga (lors du match d’ouverture le 9 septembre)« . La récente victoire (23-32) des Samoa sur l’Australie lui redonnera peut-être l’espoir de voir ses protégés briller en Nouvelle-Zélande.O.B.

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5 commentaires

  1. Est-ce que le problème est vraiment qu’ils ne peuvent pas jouer dans une sélection après avoir porté d’autres couleurs ?
    Ne serait-ce pas plutôt qu’ils aient pu porter initialement le maillot d’un pays qui n’est pas le leur ?

    Quitte à changer les règles autant peut-être durcir les conditions d’éligibilité, sinon ça va être encore plus difficile à suivre avec des transferts entre équipes nationales.


  2. La question est surtout : Pourquoi les Néo-Z et les Australiens ont-ils le droit de venir piller sans vergogne le faible vivier de ces iliens peu aidés par les instance dirigeante ?
    Il y a un petit côté néo-colonialiste assez déplaisant… surtout si c’est pour ensuite rejeté le joueur après un ou deux matchs.

    Merci de ce focus sur ce sujet… à suivre.


  3. Rho et j’avais pas fait gaffe, en Nouvelle-Zélande ils ont un portefeuille unique pour les affaires étrangères et le sport, comme nous avec David Douillet !


  4. C’est sûr qu’il est difficile de survivre pour ces fédérations îliennes exsangues, privées de moyens financiers et pillées de leurs meilleurs espoirs qui se retrouvent du coup sans avenir international à cause des processus d’éligibilité et de la gourmandise néo-zélandaise.
    Peut-être que seules devraient compter les capes obtenues dans les matches à enjeux (type tri-nation ou CdM), ou bien imaginer que la régle ne s’applique qu’à partir d’un certain nombre de capes, et qu’un joueur qui a une séléction puis rien pendant 3 ans redevient sélectionnable par son pays de naissance?


  5. Pour commencer, félicitations pour votre site, vous apportez de précieuses informations originales sur les coulisses de cette coupe du monde. Chaque petit sujet est fort bien écrit, et je ne saurais trop vous conseiller d’y ajouter une vidéo chaque fois que cela est possible, car cela rehausse d’autant le sujet.
    Ensuite, et pour rebondir sur les commentaires de ces messieurs Ximun, Numéro 5 et Topak, comment empêcher des îliens de venir faire de leur passion un job rémunérateur en NZ ou en Australie ? Un Ma’a Nonu ou un Rokocoko auraient eû du mal à être retenus sur leurs îles, sans parler d’un Nalaga. Mais il ne s’agit pas dans ce dernier cas d’équipe nationale, seulement d’éloignement géographique. Les îliens sont les parents pauvres du rugby mondial, et cela devrait inciter les Français à mettre de l’eau dans leur vin au moment de se plaindre sur leurs conditions d’entraînement. Caprice de riches !
    Comment du point de vue de ces joueurs d’exception, ne pas avoir envie de cotoyer les sommets, d’intégrer l’équipe des Blacks ou des Wallabies, surtout après avoir joué en club en NZ ou en Australie ?
    Avec les moyens du bord, et sans pouvoir jamais espérer un jour remporter autre chose que des tournois à 7, les Samoa, Tonga et Fidji apporteront toujours un incroyable zeste de fraîcheur à la compétition, et aussi, ils faut bien l’avouer, une certaine conception du plaquage, qui va au-delà du plaisir brut bêtement européen de faire péter le ballon des mains de son adversaire. Il s’agit de le désintégrer, de le pulvériser, et cela combiné à une certaine paresse de se baisser, de lui défoncer l’épaule. Ca peut être très con et très dangereux. Mais si on oublie cela, si on se souvient de l’art du plaquage pratiqué par Pat Lam pour les Samoa, si l’on revisionne ces incroyables leçons de tackling
    administrées aux Australiens cette semaine, si on se rappelle encore ce match magistral contre Galles en 2007, on se dit que les îliens avec leur maigre réservoir de joueurs venus de tous côtés ont encore un sacré pouvoir de séduction. Et tant pis pour la coupe Webb Ellis ! Les Français non plus ne la soulèveront pas cette année ! (Allez, faites-moi mentir)



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