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France-Angleterre, un air de déjà-vu

5 octobre 2011

Un quart de finale de Coupe du monde entre la France et l’Angleterre, ça ne vous rappelle rien ? C’était en 1991 au Parc des Princes. Pour le dernier match de Serge Blanco avec les Bleus (son 93e), le XV de la Rose s’était imposé (19-10) dans une partie de rugby qui est restée dans toutes les mémoires. Ce jour-là, les Anglais ont fait dégoupiller les Français en visant leur point fort, le flamboyant Serge Blanco, à grands renforts de chandelles et d’essuyage de crampons sur le dos de leur adversaire. C’était l’époque de la domination anglaise qui tournait, de ce côté-ci de la Manche, à l’arrogance… Le temps du capitaine Will Carling et de son fameux « Good Game » à la fin des matchs, le temps où les avants anglais étaient forcément les méchants : le talonneur Brian Moore, alias The Pitbull, le pilier Jason Leonard, les troisième-ligne Winterbottom et « Mickey » Skinner  (qui s’explique avec Eric Champ sur la photo), le deuxième ligne Wade Dooley. A l’époque, Français et Anglais ne se parlaient pas ou seulement par voie de presse avant les matchs. Des déclarations qui mettaient (volontairement) de l’huile sur le feu. Depuis, le rugby a profondément changé. Les règles et l’arbitrage aussi… Et le professionnalisme est passé par là.

En 1995, lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, les mangeurs de grenouilles et les rosbeef se sont retrouvés sur le pré lors d’un match pour la troisième place à Pretoria. Les Français l’emportent 19 à 9, avec deux essais signés Olivier Roumat et Emile Ntamack, l’actuel entraîneur des lignes arrières de l’équipe de France. Une victoire qui met fin à sept ans d’invincibilité anglaise face à la France dans le tournoi des V nations de 1988 à 1995. Dans le livre Rugby, Coupe du monde inédite, Laurent Cabannes, ancien troisième-ligne du XV de France, raconte : « Après le banquet officiel, les deux équipes se sont retrouvées dans un bar de Pretoria pour passer la soirée ensemble. Du point de vue du réchauffement des relations entre les deux équipes, ce match a marqué un virage. Des joueurs sont ensuite partis jouer en Angleterre ». Et les Anglais sont venus tenter leur chance en France. Deux internationaux anglais présents en Nouvelle-Zélande sont engagés dans des équipes du Top 14 : Jonny Wilkinson à Toulon et Tom Palmer au Stade Français. D’autres en sont partis récemment comme l’ancien Briviste Steve Thompson, revenu en Angleterre (à Leeds), ou James Haskell, parti vers le Japon après avoir porté les couleurs du Stade Français…La rivalité historique entre ces deux équipes, elle, existe encore. E.M

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One comment

  1. Ce placage ! Difficile de pas admirer la manière, après les mauvaises (manières). Cette époque laisse quand même une étrange nostalgie : tout le monde à l’époque détestait les Anglais, et c’était facile. Will Carling, les « good game », Brian Moore, le French-bashing, les dos en paillasson après un bon rucking bien appuyé. Aujourd’hui, on ne mesure pas à quel point Jonny Wilkinson a contribué à mettre tout ça par terre. Il est blond, il est mignon, il est sympa, les femmes se pâment, et il est champion du monde. Et il parle français, et même à Toulon, tout le monde l’aime bien.
    Allez les rosbeefs, allez Tindall, une petite déclaration de guerre d’ici samedi, qu’on ressorte Jeanne d’Arc, Trafalgar et Mers-el-Kébir. Je connais un pilier perpignanais et un flanker biarrot fraîchement titularisés qui vont se faire un plaisir d’attiser les braises.



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