Archive for the ‘France’ Category

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« Seuls les Bleus peuvent faire ce qui semble impossible »

21 octobre 2011

« Miracle », « exploit », « glorieuse incertitude du sport », « surprise »…. Tous ces termes reviennent dans la bouche des consultants ou experts de l’ovalie nationale avant la finale de la Coupe du monde qui verra, le 23 octobre, la France défier la Nouvelle-Zélande à l’Eden Park. Certains se prennent à imaginer que nos Bleus, qui joueront en blanc pour l’occasion, parviennent à terrasser les All Blacks.  Une « maladie » qui a franchi les limites de l’Hexagone. On retrouve ainsi un cas de « Bleuite » aigu en Australie. Peter FitzSimmons a évolué plusieurs saisons à Brive pendant les années 80. Ce deuxième-ligne a porté le maillot australien à 7 reprises, dont 5 fois face aux Bleus. Et cet ancien international ne parvient pas à éliminer l’hypothèse d’une victoire tricolore.

Il signe une tribune dans The Sydney Morning Herald dont le titre est « Seuls les Bleus peuvent faire ce qui semble impossible« . FitzSimmons a bien sûr regardé et analysé les matchs des Français dans cette Coupe du monde. Il en tire une logique conclusion: « Les Bleus  ne peuvent pas battre les All Blacks. Car les Gaulois ne jouent pas dans la même division qu’eux« . Le constat est clair et sévère. Pourtant, au fil de sa tribune, Peter FitzSimmons se laisse envahir par les mêmes doutes que partagent de nombreux supporters tricolores. « Même si nous savons tous que les Bleus ne vont pas répéter les exploits de 1999 (cf vidéo ci-dessous) ou 2007, il reste tout de même ce petit doute. Et s’ils le faisaient ? » s’interroge FitzSimmons. Et la seule certitude de ce chroniqueur est finalement que personne ne peut prévoir le scénario de la finale. « Même les Français ne savent pas comment ils joueront dimanche. Car ils sont français. C’est seulement lors de la deuxième mi-temps que nous saurons, qu’ils sauront et que les All blacks sauront, si les Bleus ont un rendez-vous* avec le destin ou bien avec la déception. Mais comme ils sont français, ils ont plus de chance de s’en sortir que n’importe quelle  autre équipe qui se trouverait dans la même situation« . O.B.

* en français dans le texte

Sur le même sujet: Les Bleus en embuscade

 

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Quelle est la bonne « haka attitude » ?

21 octobre 2011

Ka Mate ou Kapo O Pango ? Personne ne sait encore quel haka les All Blacks exécuteront dimanche avant le coup d’envoi de la finale de la Coupe du monde face aux Bleus. Lors de leur opposition en match de poule face au XV de France, les Blacks avaient opté pour le Kapo O Pango… Une version plus musclée réservée aux grandes occasions. Ils avaient réservé le même sort aux Wallabies lors de la demi-finale. Une chose est sûre. Il y a peu de chances que, dimanche, le haka néo-zélandais ne se transforme, comme en 2007 lors du quart de finale de Cardiff, en un nez à nez entre les deux équipes (cf vidéo ci-dessous). Ce jour-là, les Français s’étaient avancés comme un seul homme, en plein haka, jusqu’aux joueurs néo-zélandais au point de se retrouver nez à nez avec leurs adversaires. Depuis cette épisode, l’IRB a établi un protocole censé respecter l’exécution du haka. Il concerne toutes les équipes du Pacifique qui réalisent des danses rituelles similaires.

Désormais, les deux équipes doivent rester dans leur camp au-delà de leur ligne des 10 m. L’an dernier, lors de la Coupe du monde de rugby féminin, les Wallaroos (les Wallabies au féminin) avaient écopé d’une amende pour s’être rapprocher d’un peu trop près des Black Ferns (les All Blacks au féminin) pendant leur haka lors d’un match de poule. Comment faire face au haka ? La question taraude depuis longtemps les spécialistes…Un article passionnant de la BBC sur les origines du haka relate qu’en 1905, à Cardiff, les Gallois avaient répondu au haka en chantant leur hymne Land Of My Fathers. L’article évoque aussi le cas des Irlandais qui avaient inauguré, avec une incroyable intensité, la tactique du rapprochement d’homme à homme en 1989 à Lansdowne Road (cf vidéo ci-dessous). En 1995, les Boks avaient suivi l’exemple lors de la finale de la Coupe du monde.

En 1996, les Wallabies avaient, crime de lèse-majesté, tourné le dos aux All Blacks lors d’un test match à Wellington. Ce jour-là, les Australiens avaient subi leur plus large défaite face aux Blacks (6-43). En 2008, à Cardiff, les Gallois avaient opté pour une guerre psychologique en refusant, après le haka, de regagner leur camp tant que les All Blacks leur faisaient face (cf 3e vidéo ci-dessous). Malgré l’insistance de l’arbitre… Le bras de fer avait duré une minute trente avant que les Blacks ne tournent les talons (ils avaient finalement battu les Gallois 29 à 9, dont 1 essai de Kaino). Les Français devront sans doute trouver autre chose. Mais, avec l’actuel protocole de l’IRB, une question subsiste. Comment un protocole international peut-il laisser une équipe imposer un défi psychologique pendant que l’autre doit sagement attendre dans son camp à dix mètres. A cette distance, les regards se font moins perçants… E.M

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Les Bleus en embuscade

19 octobre 2011

Sur le papier, pas de doute, tous les chiffres plaident en faveur des All Blacks. La Nouvelle Zélande a gagné 8 de ses 10 dernières confrontations contre la France. La dernière victoire est récente: elle remonte au 24 septembre (37-17). L’équipe néo-zélandaise est invaincue dans cette Coupe du monde: lors de chacun de ses six matchs, elle a inscrit 48,8 points en moyenne (25,3 pour les Bleus), dont 6,5 essais  (2,5 pour les Bleus). Les Français ont, eux, perdu deux fois en phase de poule (contre les All Blacks et les Tonga). Seule l’Angleterre avait réussi, avant cette édition, à se hisser en finale de Coupe du monde après avoir souffert une défaite en match de poule. La première fois, c’était en 1991: l’Angleterre avait été battue par la Nouvelle-Zélande (12-18) en poule mais avait tout de même réussi à atteindre la finale, s‘inclinant alors face à l‘Australie. Idem en 2007: les Anglais avaient souffert un lourd revers face à l’Afrique du Sud (36-0) en poule. Les retrouvailles en finale entre ces deux équipes avaient de nouveau tourné en faveur des Springboks. Une raison de plus pour les All Blacks d’avoir confiance avant la finale de dimanche. D’autant que lors de la Coupe du monde de 1987, remportée par les All Blacks face aux Français, les Bleus avaient déjà connu un accroc lors de la phase de poule face à l’Ecosse contre laquelle ils avaient fait match nul (20-20)

Pourtant, les appels à la prudence, ou à la méfiance, se multiplient. Les All Blacks se sont tellement vu reprocher leur arrogance après l’élimination de 2007 par les Bleus qu’ils ne peuvent pas répéter la même erreur. Une leçon également bien comprise par certains chroniqueurs locaux. Chris Rattue (cf photo) s’était illustré voilà quatre ans dans les colonnes du New Zealand Herald avec un texte dans lequel il expliquait comment les All Blacks allaient massacrer les Bleus en quart de finale. Il s’était fendu d’un mea culpa après leur défaite. Du coup, il se méfie de la « fierté cabossée des Français«  dans cette Coupe du monde. « Une équipe prévisible du pays de Galles aurait été de la chair à canon pour une équipe de Nouvelle-Zélande qui possède tant d’armes, surtout sans Adam Jones (blessé) et Sam Warburton (suspendu). Mais les Français peuvent encore jouer d’une façon envoûtante. (…) J’ai renoncé à écarter les Français depuis un certain match à Cardiff en 2007 (cf vidéo ci-dessous). A cette occasion, ils avaient su se redresser et ils en sont encore capables« , écrit Chris Rattue. Et certains de ses collègues redoutent même une véritable embuscade française, en se demandant si les divisions affichées publiquement entre Lièvremont et ses joueurs ne sont pas un simple stratagème destiné à brouiller les cartes. O.B.

PS: Lièvremont a annoncé son XV pour affronter les All Blacks. Il aligne la même équipe qu’en demi-finale.

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Gatland a pensé à tricher, et alors ?

19 octobre 2011

Si l’expulsion du capitaine gallois Sam Warburton a fait couler beaucoup d’encre, la sortie sur blessure du pilier Adam Jones dès la 8ème minute de la demi-finale contre la France est passée au second plan. Pourtant, ce coup dur a fortement pesé sur la tenue de la mêlée galloise et sur le destin de cette rencontre. Et les propos de Warren Gatland qui a confié avoir pensé à simuler une blessure de l’un de ses piliers en disent long sur l’importance de ce fait de jeu. « Nous avons discuté avec mes entraîneurs si nous devions simuler une blessure de l’un de nos piliers et se diriger vers des mêlées simulées. Mais, d’un point de vue moral, j’ai décidé que ce n’était pas une bonne chose à faire », a déclaré Warren Gatland. Le règlement de l’IRB est clair : lorsqu’une équipe n’a plus de piliers à sa disposition, l’arbitre doit ordonner des mêlées simulées, c’est-à-dire sans aucune poussée possible. En coulisses, l’IRB n’a que très peu apprécié les propos du sélectionneur du XV du Poireau. Paddy O’Brien, patron des arbitres de cette Coupe du monde, et Gatland ont d’ailleurs eu l’occasion d’en parler hier. Mais on voit mal comment l’IRB pourrait sanctionner un sélectionneur dont le seul tort est d’avoir pensé à tricher… E.M

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La finale sur écran géant à Paris

19 octobre 2011

En France, il faut souvent atteindre les finales pour que la mayonnaise prenne enfin. La Fédération française de rugby organise « Tous en finale avec le XV de France » : trois jours de festivités consacrés au rugby sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris. Un marathon de l’Ovalie qui commence vendredi matin avec la diffusion de la petite finale entre l’Australie et le pays de Galles (9 H 30). Toute la journée vont ensuite s’enchainer une série d’animations : initiation au rugby pour les enfants, matchs de rugby à toucher, matchs d’exhibition, animation musicale, atelier simulateur de mêlée, etc. Et les adeptes des passes vrillées pourront même évaluer leur vitesse de passes grâce à un « atelier radar », dixit le site de la ville de Paris. Vendredi à 15 heures, un match d’exhibition de l’équipe de France de rugby à 7 aura lieu. Samedi, rebelote avec des animations identiques. Dimanche, à 10 h du matin, place à la retransmission de la finale entre les Bleus et les All Blacks. Difficile de savoir combien de supporteurs du Quinze de France assisteront le 23 octobre au match sur le parvis de l’Hôtel de ville. A Auckland, comme à Paris, le temps devrait être au  beau fixe. En demi-finale, plus de 60 000 Gallois avaient assisté, par écran géant interposé, à la défaite de leur équipe dans les tribunes du Millennium Stadium de Cardiff. Et avant la finale, la Fédé galloise avait invité les salariés gallois à porter le maillot national au bureau la veille du match. Vendredi, au boulot, les supporteurs français pourront toujours arborer une moustache en guise de soutien aux Bleus… E.M

MISE A JOUR : Le Stade de France ouvrira gratuitement ces portes aux supporteurs du Quinze de France Dimanche pour assister à la finale de la Coupe du monde. Les portes seront ouvertes dès 9 heures. Les spectateurs intéressés doivent tout de même s’inscrire sur le site stadedefrance.com. La ville de Toulouse et le Stade Toulousain invitent également les supporteurs des Bleus à se rendre Dimanche au stade Ernest-Wallon.

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Bleus vs Blacks : Au diable les valeurs

18 octobre 2011

Il faudra beaucoup de cœur et aussi un peu de talent pour battre dimanche prochain les All Blacks chez eux, à l’Eden Park, au cœur d’un pays chauffé à blanc. Et pour se ressouder, rien de tel que les critiques, parfois justifiées, auxquelles l’équipe de France doit faire face actuellement. Avant la demi-finale contre l’Australie, le journal néo-zélandais Herald Sunday titrait « 80 minutes et on va bien rire » en évoquant la finale à venir contre les Bleus. Un titre volontairement provocateur agrémenté d’une photo de Sonny Bill Williams et Israel Dagg en pleine crise de rire à l’entraînement (cf ci-dessus). Marc Lièvremont, lui, savoure. « Cela fait un petit moment que les joueurs rigolent bien des titres de la presse d’une manière générale », explique le sélectionneur. Avant d’ajouter, plus sérieux cette fois : « C’est ce qui a permis qu’ils se retrouvent, qu’ils se resserrent ». Et cette volée de critiques ne provient pas seulement de la presse néo-zélandaise qui dans cette histoire se contente d’un objectif attendu : vendre du papier.

Certains ont sans doute perdu l’occasion de se taire. Ainsi l’allier Anglais Chris Ashton s’est fendu d’un tweet, probablement trop vite rédigé, dans lequel il s’exprime à propos de la défaite des Gallois face aux Bleus : « Je n’arrive pas y croire. Qu’est-il arrivé à ce sport ! Le pays de Galles méritait de gagner. Ça ruine les valeurs du rugby ». Quelles valeurs ? Que l’équipe qui joue à 14 et qui développe du jeu doit forcément s’imposer ? Pour arriver en finale, le Quinze de France n’a  volé personne. Aujourd’hui, le tweet de Chris Ashton ne figure plus dans la liste de ceux envoyés par l’ailier de Northampton. Pas très futé quand on est censé défendre les valeurs du rugby. Et, en premier lieu, d’assumer ses actes.

On peut s’inquiéter pour l’avenir du rugby et du jeu pratiqué. C’est une vieille rengaine qui revient à chaque Coupe du monde. En 1995, les Sud Africains sont champions du monde en éliminant les Bleus au cours d’une demi-finale marquée par un arbitrage à sens unique. En 1999, les Australiens décrochent la timbale mondiale (face à des Bleus éblouissants en demi-finale) avec un jeu stéréotypé, sans génie mais terriblement efficace (cf vidéo ci-dessous). En 2003, les Anglais dominent le monde à base de cocottes et de drops bien sentis. En 2007, la finale qui sacre les Sud Africains (face aux Anglais) accouche de 91 coups de pied alors que la moyenne de l’édition se situait à 56 (Cf le livre Rugby, Coupe du monde de rugby inédite). Si les Bleus ont volé quelque chose. C’est juste l’idée du French Flair. Qui a disparu depuis belles lurettes. S’il a un jour existé… E.M

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La débordante affection de Lièvremont

17 octobre 2011

Même le quotidien populaire anglais The Sun semble avoir du mal à y croire. Lui qui aime tellement se livrer au « French bashing » en multipliant les critiques contre les voisins d’outre-Manche n’aurait peut-être pas osé employer les mêmes termes. « L’entraîneur français Marc Lièvremont a lancé une étonnante attaque contre ses joueurs quelques heures après qu’ils aient réussi à se qualifier pour la finale de la Coupe du monde. Il était furieux contre ceux qui n’ont pas respecté ses ordres en sortant fêter la victoire sur le pays de Galles« , écrit le journal. Une expression a particulièrement marqué les journalistes présents lors de la conférence de presse organisée au lendemain de ce match: « sales gosses« , qui donne « spoiled brats » en anglais. Lièvremont a reproché à ses joueurs d’être « indisciplinés, désobéissants et égoïstes parfois » (cf vidéo ci-dessous).

Un entraîneur qui confie à une semaine d’une finale de Coupe du monde que ses joueurs « les lui brisent depuis quatre ans« , c’est un scénario pour le moins inédit (tout comme le livre « Rugby, Coupe du monde inédite« ). La presse française a elle aussi largement repris ces déclarations, à l’instar de L’Equipe qui titre ce 17 octobre sur un « Rêve de sales gosses » (cf ci-dessus). Il reste cependant difficile d’interpréter les propos de l’entraîneur français. Il avait certes l’air très énervé au moment de formuler publiquement ces reproches très durs. Mais il a ensuite expliqué avoir fait de l’humour, en précisant avoir dit cela « avec une grande affection« .

Cette Coupe du monde aura définitivement été celles des déclarations fracassantes pour Marc Lièvremont. Après chaque match des Bleus dans cette compétition, une nouvelle saillie médiatique alimente la chronique. Les joueurs, eux, évitent soigneusement de commenter les paroles de leur entraîneur. Avant la finale contre les All Blacks, la plus grande prudence est de mise. Par contre, il est fort probable que les Bleus livrent à leur tour leur vérité après cette compétition. Car Marc Lièvremont ne sera alors plus entraîneur du XV de France. Les « sales gosses » risquent de lui jouer encore de mauvais tours… O.B.

MISE A JOUR 31/10/2011: Harinordoquy a dégainé le premier dans les colonnes de Midol:  » « Il (Marc Lièvremont) manquait de recul, d’expérience. Il nous a aussi trop souvent jeté la pierre. Et puis je l’ai senti perdu, dépassé ».