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Les Néo-Zélandais ont besoin de retrouver le sourire

22 octobre 2011

« Le rugby n’a jamais été aussi important, et la victoire aussi essentielle. Ce n’est bien sûr qu’un jeu, mais la finale de la Coupe du monde représente bien plus pour un pays qui a souffert beaucoup plus que d’autres cette année. Ensemble, nous avons enduré la tragédie de Pike River (coup de grisou ), nous nous sommes resserrés avec le drame de Christchurch (séisme meurtrier) et nous déplorons désormais la tragédie du Rena au large de Tauranga (marée noire) », écrit le quotidien The Dominion Post, dont le titre est « S’il vous plaît messieurs les All Blacks, faites nous sourire« . On peut y ajouter les ennuis de santé de la star Jonah Lomu ou la blessure de Dan Carter.  « Encore 80 minutes pendant lesquelles quatre millions d’habitants vont retenir leur souffle« , ajoute le journal. Et tous espèrent bien sûr pouvoir ensuite laisser éclater leur joie  Les All Blacks ont une sacré mission à remplir dans leur jardin de l’Eden Park ! O.B.

PS: le journal publie en première page une photo de l’arrière Israel Dagg, couvert de boue. Elle a été prise en juillet 2000, il avait 12 ans.

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« Seuls les Bleus peuvent faire ce qui semble impossible »

21 octobre 2011

« Miracle », « exploit », « glorieuse incertitude du sport », « surprise »…. Tous ces termes reviennent dans la bouche des consultants ou experts de l’ovalie nationale avant la finale de la Coupe du monde qui verra, le 23 octobre, la France défier la Nouvelle-Zélande à l’Eden Park. Certains se prennent à imaginer que nos Bleus, qui joueront en blanc pour l’occasion, parviennent à terrasser les All Blacks.  Une « maladie » qui a franchi les limites de l’Hexagone. On retrouve ainsi un cas de « Bleuite » aigu en Australie. Peter FitzSimmons a évolué plusieurs saisons à Brive pendant les années 80. Ce deuxième-ligne a porté le maillot australien à 7 reprises, dont 5 fois face aux Bleus. Et cet ancien international ne parvient pas à éliminer l’hypothèse d’une victoire tricolore.

Il signe une tribune dans The Sydney Morning Herald dont le titre est « Seuls les Bleus peuvent faire ce qui semble impossible« . FitzSimmons a bien sûr regardé et analysé les matchs des Français dans cette Coupe du monde. Il en tire une logique conclusion: « Les Bleus  ne peuvent pas battre les All Blacks. Car les Gaulois ne jouent pas dans la même division qu’eux« . Le constat est clair et sévère. Pourtant, au fil de sa tribune, Peter FitzSimmons se laisse envahir par les mêmes doutes que partagent de nombreux supporters tricolores. « Même si nous savons tous que les Bleus ne vont pas répéter les exploits de 1999 (cf vidéo ci-dessous) ou 2007, il reste tout de même ce petit doute. Et s’ils le faisaient ? » s’interroge FitzSimmons. Et la seule certitude de ce chroniqueur est finalement que personne ne peut prévoir le scénario de la finale. « Même les Français ne savent pas comment ils joueront dimanche. Car ils sont français. C’est seulement lors de la deuxième mi-temps que nous saurons, qu’ils sauront et que les All blacks sauront, si les Bleus ont un rendez-vous* avec le destin ou bien avec la déception. Mais comme ils sont français, ils ont plus de chance de s’en sortir que n’importe quelle  autre équipe qui se trouverait dans la même situation« . O.B.

* en français dans le texte

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Quelle est la bonne « haka attitude » ?

21 octobre 2011

Ka Mate ou Kapo O Pango ? Personne ne sait encore quel haka les All Blacks exécuteront dimanche avant le coup d’envoi de la finale de la Coupe du monde face aux Bleus. Lors de leur opposition en match de poule face au XV de France, les Blacks avaient opté pour le Kapo O Pango… Une version plus musclée réservée aux grandes occasions. Ils avaient réservé le même sort aux Wallabies lors de la demi-finale. Une chose est sûre. Il y a peu de chances que, dimanche, le haka néo-zélandais ne se transforme, comme en 2007 lors du quart de finale de Cardiff, en un nez à nez entre les deux équipes (cf vidéo ci-dessous). Ce jour-là, les Français s’étaient avancés comme un seul homme, en plein haka, jusqu’aux joueurs néo-zélandais au point de se retrouver nez à nez avec leurs adversaires. Depuis cette épisode, l’IRB a établi un protocole censé respecter l’exécution du haka. Il concerne toutes les équipes du Pacifique qui réalisent des danses rituelles similaires.

Désormais, les deux équipes doivent rester dans leur camp au-delà de leur ligne des 10 m. L’an dernier, lors de la Coupe du monde de rugby féminin, les Wallaroos (les Wallabies au féminin) avaient écopé d’une amende pour s’être rapprocher d’un peu trop près des Black Ferns (les All Blacks au féminin) pendant leur haka lors d’un match de poule. Comment faire face au haka ? La question taraude depuis longtemps les spécialistes…Un article passionnant de la BBC sur les origines du haka relate qu’en 1905, à Cardiff, les Gallois avaient répondu au haka en chantant leur hymne Land Of My Fathers. L’article évoque aussi le cas des Irlandais qui avaient inauguré, avec une incroyable intensité, la tactique du rapprochement d’homme à homme en 1989 à Lansdowne Road (cf vidéo ci-dessous). En 1995, les Boks avaient suivi l’exemple lors de la finale de la Coupe du monde.

En 1996, les Wallabies avaient, crime de lèse-majesté, tourné le dos aux All Blacks lors d’un test match à Wellington. Ce jour-là, les Australiens avaient subi leur plus large défaite face aux Blacks (6-43). En 2008, à Cardiff, les Gallois avaient opté pour une guerre psychologique en refusant, après le haka, de regagner leur camp tant que les All Blacks leur faisaient face (cf 3e vidéo ci-dessous). Malgré l’insistance de l’arbitre… Le bras de fer avait duré une minute trente avant que les Blacks ne tournent les talons (ils avaient finalement battu les Gallois 29 à 9, dont 1 essai de Kaino). Les Français devront sans doute trouver autre chose. Mais, avec l’actuel protocole de l’IRB, une question subsiste. Comment un protocole international peut-il laisser une équipe imposer un défi psychologique pendant que l’autre doit sagement attendre dans son camp à dix mètres. A cette distance, les regards se font moins perçants… E.M

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Les Gallois n’abandonnent pas leur capitaine

20 octobre 2011

Un match pour la troisième place est toujours une duel entre nations déçues qui ont vu s’envoler leur rêve de finale. L’affrontement entre les Gallois et les Australiens, qui aura lieu ce vendredi 21 octobre à l’Eden Park, n’échappe pas à ce schéma. Mais pour les Diables rouges, ce match aura une importance toute particulière. Car l’équipe galloise garde un goût très amer après sa demi-finale contre la France, perdue d’un petit point (8-9). Elle juge trop sévère l’expulsion de son capitaine Sam Warburton dès la 19e minute pour un plaquage dangereux. Une décision qui a contraint les Gallois à disputer trois-quart de la rencontre en infériorité numérique. Et loin d’en vouloir à Warburton, les joueurs veulent désormais lui rendre justice en décrochant la médaille de bronze face aux Wallabies. Car le jeune troisième-ligne, qui a écopé d’une suspension de trois semaines (cf photo), ne pourra pas participer à cette rencontre. Le pilier Gethin Jenkins sera le capitaine des Gallois en petite finale.

Pour le quotidien gallois South Wales Morning Post, il ne s’agit pas simplement d’une question d’orgueil. Il revient sur la dernière Coupe du monde, lorsque les Pumas ont battu les Bleus en petite finale. Ils avaient ainsi validé leur très beau parcours dans l’édition de 2007. Et les Gallois se doivent de faire de même. « L’équipe de Warren Gatland a réalisé une belle compétition à cette date, en gagnant plein de nouveaux amis et de supporters grâce à son professionnalisme, l’implication de ses joueurs et son rugby entreprenant« , écrit le journal. En battant l’Australie, les Gallois ne se contenteraient pas de ramener au pays des médailles de bronze. « Si les Gallois venaient à perdre, ils termineraient cette Coupe du monde sur un bilan mitigé de quatre victoires et trois défaites qui ne reflèterait pas correctement leurs brillantes performances au cours des six dernières semaines« , ajoute le journal. O.B.

PS: Cliquez ici pour découvrir la composition des deux équipes.

MISE A JOUR 21/10/2011: les Australiens ont battu les Gallois (21-18) et décroché la troisième place de cette CDM. En 1987, les Gallois avaient gagné la petite finale face à ces mêmes Wallabies (22-21)

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L’indispensable Jerome Kaino

20 octobre 2011

Cinq matchs, 400 minutes de jeu. Avant la demi-finale contre l’Australie, le troisième-ligne Jerome Kaino était le seul joueur à avoir disputé l’intégralité des rencontres des All Blacks dans cette Coupe du monde. Et il n’est sorti qu’à la 81e minute de la suivante, la demi-finale contre les Wallabies, ne ratant qu’une poignée de secondes de jeu. Pas de doute, la Nouvelle-Zélande compte énormément sur ce joueur. Les hommes en noir ont d’ailleurs perdu la dernière fois que Kaino n’etait pas sur le terrain. C’était le 27 août 2011 lors du  Tri nations. Kaino était resté en Nouvelle-Zélande pour assister à la naissance de son deuxième enfant et les All Blacks s’étaient inclinés contre l’Australie à Brisbane (20-25). La carrière de Kaino en sélection nationale n’avait pourtant pas commencé de la meilleure manière. Il décroche ses deux premières sélections en juin 2006 lors d’une tournée de l’Irlande en Nouvelle-Zélande. Il n’avait alors que 21 ans, et, de son propre aveu, ne possédait pas encore la maturité suffisante pour évoluer au plus haut niveau international.

Il a attendu deux ans pour pouvoir revenir chez les All Blacks, affrontant de nouveau l’Irlande en juin 2008. Depuis, il a enchaîné 45 sélections et est devenu une pièce maîtresse de la troisième ligne néo-zélandaise aux côtés du capitaine Richie McCaw. « The Ironman » (« L’homme de fer » ), réalise une brillante Coupe du monde. Il a notamment inscrit quatre essais (dont un face au Japon, cf photo), soit autant que lors de sa carrière internationale avant le début de cette compétition. La Fédération internationale de rugby (IRB) a d’ailleurs placé son nom sur la liste des six candidats pour le titre de meilleur joueur de l’année (avec Piri Weepu, Ma’a Nonu, Thierry Dusautoir, David Pocock et Will Genia). Et son physique destructeur (1,96m, 110 kilos) devrait encore faire des ravages dimanche en finale contre la France. D’autant que ce joueur de 28 ans, qui évolue chez les Blues depuis 2004, sait que plusieurs clubs du Top14 le suivent de très près. O.B.

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17 ans d’invincibilité à l’Eden Park

20 octobre 2011

Dans l’histoire des All Blacks, l’Eden Park d’Auckland, où se déroulera le 23 octobre la finale contre la France, occupe une place de choix. Situé à deux pas du Mont Eden (196 m d’altitude) qui domine la ville d’Auckland, le stade a tout d’une forteresse all black (cf le livre « Rugby, Coupe du monde inédite« ). Ici, sur cet ancien terrain marécageux, on joue au rugby depuis 1914. Au début des années 20, l’Eden Park accueille son premier match international. Le 27 août 1921, les Springboks s’imposent 9 à 5 devant 40 000 spectateurs. Mais gagner dans l’antre des Blacks est le privilège des grandes équipes. Depuis 1978, seules deux équipes se sont imposées à l’Eden Park : la France deux fois (en 1979 et 1994) et l’Australie en 1986. L’Eden Park fait partie de l’imaginaire collectif du peuple néo-zélandais. Certains se souviennent encore de la tournée des Springboks en 1981. En plein apartheid, une partie de la population se mobilise contre la venue des Sud-Africains en Nouvelle-Zélande. L’ultime test match décisif se déroule à l’Eden Park. L’atmosphère est étouffante. Pendant cinq jours, les Boks restent enfermés dans leurs vestiaires situés sous la tribune sud de l’Eden Park, qui a depuis été détruite lors de la rénovation du stade pour la Coupe du monde. Pendant le match, un petit avion privé survole l’Eden Park et largue à plusieurs reprises des fumigènes et des bombes de farine sur le terrain (cf vidéo ci-dessous). Les Blacks s’imposent par une ultime pénalité dans les arrêts de jeu (25-22). Six ans plus tard, pour la première édition de la Coupe du monde, les Blacks deviennent champions du monde en battant les Bleus (29-9). David Kirk, le capitaine néo-zélandais soulève le trophée Webb-Ellis dans la tribune officielle le 20 juin 1987. Aujourd’hui, les All Blacks restent sur une série de 24 victoires à l’Eden Park. Soit 17 ans d’invincibilité depuis la dernière victoire des Bleus, le 3 juillet 1994. E.M

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Les Bleus en embuscade

19 octobre 2011

Sur le papier, pas de doute, tous les chiffres plaident en faveur des All Blacks. La Nouvelle Zélande a gagné 8 de ses 10 dernières confrontations contre la France. La dernière victoire est récente: elle remonte au 24 septembre (37-17). L’équipe néo-zélandaise est invaincue dans cette Coupe du monde: lors de chacun de ses six matchs, elle a inscrit 48,8 points en moyenne (25,3 pour les Bleus), dont 6,5 essais  (2,5 pour les Bleus). Les Français ont, eux, perdu deux fois en phase de poule (contre les All Blacks et les Tonga). Seule l’Angleterre avait réussi, avant cette édition, à se hisser en finale de Coupe du monde après avoir souffert une défaite en match de poule. La première fois, c’était en 1991: l’Angleterre avait été battue par la Nouvelle-Zélande (12-18) en poule mais avait tout de même réussi à atteindre la finale, s‘inclinant alors face à l‘Australie. Idem en 2007: les Anglais avaient souffert un lourd revers face à l’Afrique du Sud (36-0) en poule. Les retrouvailles en finale entre ces deux équipes avaient de nouveau tourné en faveur des Springboks. Une raison de plus pour les All Blacks d’avoir confiance avant la finale de dimanche. D’autant que lors de la Coupe du monde de 1987, remportée par les All Blacks face aux Français, les Bleus avaient déjà connu un accroc lors de la phase de poule face à l’Ecosse contre laquelle ils avaient fait match nul (20-20)

Pourtant, les appels à la prudence, ou à la méfiance, se multiplient. Les All Blacks se sont tellement vu reprocher leur arrogance après l’élimination de 2007 par les Bleus qu’ils ne peuvent pas répéter la même erreur. Une leçon également bien comprise par certains chroniqueurs locaux. Chris Rattue (cf photo) s’était illustré voilà quatre ans dans les colonnes du New Zealand Herald avec un texte dans lequel il expliquait comment les All Blacks allaient massacrer les Bleus en quart de finale. Il s’était fendu d’un mea culpa après leur défaite. Du coup, il se méfie de la « fierté cabossée des Français«  dans cette Coupe du monde. « Une équipe prévisible du pays de Galles aurait été de la chair à canon pour une équipe de Nouvelle-Zélande qui possède tant d’armes, surtout sans Adam Jones (blessé) et Sam Warburton (suspendu). Mais les Français peuvent encore jouer d’une façon envoûtante. (…) J’ai renoncé à écarter les Français depuis un certain match à Cardiff en 2007 (cf vidéo ci-dessous). A cette occasion, ils avaient su se redresser et ils en sont encore capables« , écrit Chris Rattue. Et certains de ses collègues redoutent même une véritable embuscade française, en se demandant si les divisions affichées publiquement entre Lièvremont et ses joueurs ne sont pas un simple stratagème destiné à brouiller les cartes. O.B.

PS: Lièvremont a annoncé son XV pour affronter les All Blacks. Il aligne la même équipe qu’en demi-finale.