Posts Tagged ‘Maoris’

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Quelle est la bonne « haka attitude » ?

21 octobre 2011

Ka Mate ou Kapo O Pango ? Personne ne sait encore quel haka les All Blacks exécuteront dimanche avant le coup d’envoi de la finale de la Coupe du monde face aux Bleus. Lors de leur opposition en match de poule face au XV de France, les Blacks avaient opté pour le Kapo O Pango… Une version plus musclée réservée aux grandes occasions. Ils avaient réservé le même sort aux Wallabies lors de la demi-finale. Une chose est sûre. Il y a peu de chances que, dimanche, le haka néo-zélandais ne se transforme, comme en 2007 lors du quart de finale de Cardiff, en un nez à nez entre les deux équipes (cf vidéo ci-dessous). Ce jour-là, les Français s’étaient avancés comme un seul homme, en plein haka, jusqu’aux joueurs néo-zélandais au point de se retrouver nez à nez avec leurs adversaires. Depuis cette épisode, l’IRB a établi un protocole censé respecter l’exécution du haka. Il concerne toutes les équipes du Pacifique qui réalisent des danses rituelles similaires.

Désormais, les deux équipes doivent rester dans leur camp au-delà de leur ligne des 10 m. L’an dernier, lors de la Coupe du monde de rugby féminin, les Wallaroos (les Wallabies au féminin) avaient écopé d’une amende pour s’être rapprocher d’un peu trop près des Black Ferns (les All Blacks au féminin) pendant leur haka lors d’un match de poule. Comment faire face au haka ? La question taraude depuis longtemps les spécialistes…Un article passionnant de la BBC sur les origines du haka relate qu’en 1905, à Cardiff, les Gallois avaient répondu au haka en chantant leur hymne Land Of My Fathers. L’article évoque aussi le cas des Irlandais qui avaient inauguré, avec une incroyable intensité, la tactique du rapprochement d’homme à homme en 1989 à Lansdowne Road (cf vidéo ci-dessous). En 1995, les Boks avaient suivi l’exemple lors de la finale de la Coupe du monde.

En 1996, les Wallabies avaient, crime de lèse-majesté, tourné le dos aux All Blacks lors d’un test match à Wellington. Ce jour-là, les Australiens avaient subi leur plus large défaite face aux Blacks (6-43). En 2008, à Cardiff, les Gallois avaient opté pour une guerre psychologique en refusant, après le haka, de regagner leur camp tant que les All Blacks leur faisaient face (cf 3e vidéo ci-dessous). Malgré l’insistance de l’arbitre… Le bras de fer avait duré une minute trente avant que les Blacks ne tournent les talons (ils avaient finalement battu les Gallois 29 à 9, dont 1 essai de Kaino). Les Français devront sans doute trouver autre chose. Mais, avec l’actuel protocole de l’IRB, une question subsiste. Comment un protocole international peut-il laisser une équipe imposer un défi psychologique pendant que l’autre doit sagement attendre dans son camp à dix mètres. A cette distance, les regards se font moins perçants… E.M

Sur le même sujet: Les Tonga ouvriront le bal

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De Villiers ne (mao)rigole pas avec le haka

21 septembre 2011

A leur arrivée en Nouvelle-Zélande début septembre, les Springboks, champions du monde en titre, ont pris leur quartier à Wellington. Dans la foulée, une cérémonie de bienvenue a été organisée, au cours de laquelle la communauté de Taranaki Whanui a fait de l’entraîneur Peter de Villiers et de ses joueurs  «des Maoris à titre honoraire ». L’entraîneur avait humblement accepté cet honneur et précisé qu’il s’efforcerait de se montrer à la hauteur des attentes des membres de cette communauté.

Peter de Villiers semble en fait avoir pris cette fonction honorifique très à cœur. Il s’est en effet soudainement transformé en défense de la tradition maori.  Alors qu’il réalisait une visite le 19 septembre sur les rivages du lac Taupo, berceau du Ka Mate, il a déploré la multiplication des interprétations de cette danse traditionnelle dans le cadre de la Coupe du monde. De nombreuses activités réalisées par les équipes engagées dans cette compétition sont effectivement accompagnées d’un haka de bienvenue. L’équipe de France a ainsi eu droit à un haka à l’aéroport, puis à l’hôtel, puis lors de chacun de ses déplacements…  « Les gens s’y habituent. Ce n’est plus une nouveauté et ils ne le respectent plus », a déclaré l’entraîneur des Springboks au Dominion Post, quotidien de Wellington.

Ses propos ont logiquement fait la une du journal. Et les commentaires liés à cet article sont innombrables. Car tout ce qui touche aux All Blacks et à la culture néo-zélandaise relève du sacré! Les Anglais ont pu s’en rendre compte avec leurs maillots noirs…. Mais les déclarations de Peter de Villiers ont contribué à lancer un débat au sein de la société néo-zélandaise en pleine de Coupe du monde. Un représentant d’une communauté maori a publiquement soutenu Peter de Villiers en regrettant l’utilisation dévoyée du haka. Il visait notamment  les flashmobs qui fleurissent sur le territoire néo-zélandais et dans d‘autres pays étrangers (cf vidéo ci-dessous d‘un haka dans un centre commercial d‘Auckland). Et les nombreuses publicités s’inspirant de cette danse guerrière ne sont pas non plus de son goût, ni de celui de l’ancien capitaine All Black Wayne « Buck » Shelford qui rappelle dans une interview accordée à Libération que « le haka est une pratique propre aux peuples maoris indigènes ».  O.B.

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La renaissance du haka

11 septembre 2011

Le haka mène la danse sur Internet. Une recherche avec le mot » haka » sur les différents sites de partage de vidéos permet d’exhumer des heures et des heures de haka réalisés par les rugbymen néo-zélandais au fil des décennies (cf vidéo ci-dessous). Il est surprenant de constater la manière dont le haka a peu à peu été « scénarisé », avec des joueurs entraînés pour réaliser une performance artistique de haut niveau. Et dans la foulée une performance sportive souvent tout aussi admirable…

La Coupe du monde de rugby a logiquement également vu le haka évoluer au fil des éditions. Le quotidien The New Zealand Herald revient dans une article très documenté sur l’histoire de ce rituel. Il revient notamment sur le rôle déterminant joué par le troisième-ligne centre Buck Shelford (cf photo ci-dessus) au milieu des années 80, ce All Black incitant alors ses partenaires à mieux connaître le haka afin de pouvoir le réaliser de manière plus respectueuse. « En 1987, les All Blacks se sont rendus au Te Aute College, situé près d’Hastings (une ville de la région de Hawkes’Bay), où 400 élèves ont réalisé un haka dont ils se sont beaucoup inspirés. Les All Blacks ont ensuite dûment remporté la Coupe du monde et c’est à partir de là, estime Shelford, que le haka a commencé à représenter quelque chose« , explique le journal. Lors des éditions suivantes de cette compétition, cette danse maori a été  indissociable des matchs des All Blacks. Ils l’ont déjà interprétée avant chaque rencontre, soit 37 fois (en comptant celui du match d’ouverture face aux Tonga). Et ils espèrent bien porter ce chiffre à 43 d’ici quelques semaines. Il faudra pour cela qu’ils atteignent la finale de la septième édition de la CDM … ou la petite finale. O.B.

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Quade Cooper, un maori chez les Wallabies

5 septembre 2011

Jouer la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, le demi-d’ouverture australien Quade Copper en a souvent rêvé. Le joueur, d’origine maori, est né en Nouvelle-Zélande et a grandi dans la petite ville de Tokoroa, 16 000 habitants, dans l’île du Nord. C’est ici, comme le rappelle le Waitako Times, que sont nés les All Blacks Keven Mealamu et Richard Kahui qui disputeront la Coupe du monde sous le maillot à la fougère. Richard Kahui et Quade Cooper ont tous les deux joué dans l’équipe de rugby du collège de la ville. Comme beaucoup de gamins néo-zélandais, Quade Copper a grandi dans l’adoration des All Blacks. C’était l’époque de Jonah Lomu, Carlos Spencer et Christian Cullen.

Il y a sept ans, Cooper suit sa famille qui traverse la mer de Tasmanie pour s’installer à Brisbane, en Australie. Il a alors 15 ans, comme le raconte le site d’informations en ligne néo-zélandais Stuff reprenant une dépêche de l’Australian Associated Press. Les dirigeants australiens repèrent rapidement les qualités de ce gamin au physique atypique et l’intègrent dans les sélections nationales scolaires puis les moins de 19 ans. Mais les dirigeants néo-zélandais ne l’entendent pas de cette oreille et souhaitent ramener la pépite dans le giron all black.

En 2009, à l’occasion de sa première sélection chez les Wallabies, Quade Cooper avait évoqué sa rencontre avec un représentant de la fédération néo-zélandaise qui lui assurait de porter un jour le maillot all black. « Beaucoup d’amis néo-zélandais me demandaient de rentrer à la maison, cela me mettait beaucoup de pression. C’était énorme d’annoncer que je voulais rester en Australie car le rêve de chaque enfant néo-zélandais est de jouer pour les All Blacks », avait expliqué Quade Cooper. Aujourd’hui, le talentueux demi-d’ouverture (cf vidéo ci-dessous) assume totalement son choix. Et le 23 octobre prochain, l’Australie, son pays d’adoption, et son pays natal, la Nouvelle-Zélande, pourraient bien s’affronter en finale de la Coupe du monde…E.M

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Les Lego se mettent des bouchons

25 août 2011

En route vers l’Eden vous offre une petite récréation…Graham Love, un étudiant écossais de 17 ans s’est amusé à faire jouer des Lego au rugby en hommage à la prochaine Coupe du monde de rugby. L’entreprise n’était pas simple. Pour réaliser cette animation, Graham Love a travaillé pendant deux semaines et a utilisé plus de 1100 photos.  Et si les Lego manquent parfois de souplesse sur les placages et d’amplitude gestuelle sur les passes, le résultat est plutôt étonnant. Le jeune homme explique qu’il a voulu intégrer quelques icônes du rugby mondial, comme l’Anglais Chris Asthon et son fameux plongeon pour célébrer ses essais. Le jeune étudiant s’est même payé le luxe de reproduire le haka des All Blacks. Les Maoris ne vont pas être contents… E.M.

PS: dans la même veine, (re)découvrez le haka réalisé par le Petit Bonhomme de pain d’épice

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Maori à la sauce frenchie

8 août 2011

C’est le plus français des clubs maori. Son nom ? Te Puna Rugby Club. Le club se situe dans la région de Bay of Plenty (Baie de l’abondance), dans le nord-est de l’île du Nord,  à deux pas de la ville de Tauranga. La région est connue pour la culture du kiwi, de l’avocat et de l’exploitation du bois. Les dirigeants du Te Puna Rugby Club clament haut et fort qu’il est le seul club franco-maori au monde. Le lien avec la France remonte au début du XXème siècle lorsque deux Français originaires du port de pêche de Honfleur, en Normandie, ont fondé le club. Une particularité que le Te Puna Rugby Club compte bien faire fructifier pendant la Coupe du monde. A l’occasion du match entre la France et la Nouvelle-Zélande, le 24 septembre à Auckland, le club recevra une quarantaire de chefs d’entreprise français issus de l’industrie forestière pour une journée mêlant sport, culture et business. L’initiative fait partie d’un programme mis en place par le gouvernment Néo- zélandais visant à favoriser les investissements étrangers. Tomy Wilson, en charge de la promotion du club, compte aussi accueillir les supporteurs français et pas seulement les chefs d’entreprise. « Nous sommes un marae (une communauté maori, NDLR), on peut accueillir 500 personnes, pas seulement le jour du match entre la France et la Nouvelle Zélande. Laissons les venir, nous leur trouverons un endroit pour dormir pour 20 $ et non pour 400 $ », expliquait-il dans un article du New Zealand Herald. Il faut dire que la cohorte de supporteurs français ne seront pas très loin. Le 18 septembre, la France affronte le Canada à Napier. Le 24 septembre, cap au Nord pour rallier Auckland et l’Eden Park. Entre les deux villes,  la route mène vers Tauranga et le Te Puna Rugby Club. Le club ne compte pas s’arrêter en si bon chemin…Prochain objectif : créer un club jumeau en France pour donner l’opportunité aux joueurs locaux de vivre une expérience à l’étranger. A suivre…E.M

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Pas si têtus que cela les rugbymen

18 juillet 2011

Un international français fait la couverture du magazine de référence de la communauté homosexuelle et pose nu en pages intérieures. Dans le milieu rugbystique, réputé machiste et homophobe, cette  info aurait pu avoir un tout autre retentissement. Pourtant, la présence du trois-quart Alexis Palisson, qui prépare actuellement la Coupe du monde avec les Bleus, en une de l’édition de juin 2011 du magazine Têtu n’a pas provoqué de réactions négatives. Du moins publiquement.  A peine quelques commentaires concernant la sexualité présumée de ce joueur de 23 ans qui évoluera à Toulon la saison prochaine, comme par exemple sur le blog des supporters du RCT. D’autres sportifs en activité ou en retraite, tels que le footballeur David Ginola, ont déjà eu l’honneur de figurer en première page de ce magazine qui suit de près certains aspects de l’actualité rugbystique. Chaque nouvelle édition du calendrier « les Dieux du Stade » est ainsi largement commentée dans ses pages sur son site. Parmi les infos rugby relayées se trouvent également l’engagement d’un groupe de rugbymen anglais contre l’homophobie ou le  coming-out du Gallois Gareth Thomas. Et paradoxalement, ce n’est pas le fait que Palisson s’affiche en première page d’un magazine homosexuel qui suscite finalement une polémique: c’est le fait qu’il soit maquillé d’un tatouage traditionnel maori (cf vidéo ci-dessous).  « La France vole notre moko », a écrit l’hebdomadaire néo-zélandais Herald on Sunday, en relayant la grogne de plusieurs dirigeants maoris qui rejettent l’utilisation commerciale de ces tatouages. Finalement, le tabou était ailleurs.O.B.

PS: pas certain que les Maoris apprécient la dernière campagne de Nouvelles Frontières…