Posts Tagged ‘Samoa’

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Gloucester va récupérer son twitteur compulsif

18 octobre 2011

« Mon alphabet n’a plus que 23 lettres. Je ne peux plus utiliser le I, le R et le B. Pour les raisons que vous connaissez« . Pas de doute, l’ailier samoan Eliota Fuimaono-Sapolu ne manque pas d’humour. Il  doit désormais faire preuve d’une grande prudence lorsqu’il fait allusion dans ses tweets à l’instance suprême du rugby mondial, l’International Rugby Board (IRB). Il n’avait pas ménagé ses critiques pendant la Coupe du monde contre cette instance et contre l’arbitrage, en multipliant les insultes. Il voulait notamment dénoncer le traitement injuste des « petites équipes » comme les Samoa dans la Coupe du monde car le calendrier ne leur permet pas de jouir des mêmes plages de récupération que les grandes nations du rugby.

La Commission de discipline de l’IRB lui a finalement infligé une suspension de six mois avec sursis. Pour échapper à cette peine, Eliota Fuimaono-Sapolu devra présenter des excuses à l’arbitre Nigel Owens, qu’il a traité de « connard raciste« ), effectuer un minimum de 100 heures de travail d’intérêt général aux Samoa dans le cadre des programmes de l’IRB et une formation d’arbitre sous 3 mois. Le joueur s’en tire plutôt bien: il n’a pas été interdit de twitter ! Au vu de l’activité de son compte, cela aurait été un véritable coup dur pour lui. Mais si Eliota Fuimaono-Sapolu continue de livrer ses impressions sur la Coupe du monde (la défaite galloise, la performance de Cruden, …), il se garde en revanche de commenter sa peine. « Il est précisé dans la sentence que je ne peux pas critiquer l’IRB« . Le joueur semble prêt à accepter les conditions imposées. Il a même déjà concocté un programme:  « Pour les dix premières heures de travaux d’intérêt général, ce sera ‘comment utiliser twitter‘ », s’amuse Eliota Fuimaono-Sapolu. Il s’apprête à retrouver le club de Gloucester et pourrait être aligné dès le week-end prochain pour le match contre Leicester. O.B.

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Tuilagi met son protège-dents aux enchères

6 octobre 2011

En portant un protège dents de marque OPRO lors de la Coupe du monde, le trois-quart centre samoan Alesana Tuilagi (cf vidéo) n’a pas respecté les règles imposées par les organisateurs de cette compétition. Il a été condamné à verser une amende de 10.000 dollars néo-zélandais (5750 euros) pour ce manquement aux règles. Selon le quotidien The New Zealand Herald, la marque OPRO s’est engagée à payer cette somme. Mais Tuilagi (cf vidéo ci-dessous) a choisi de profiter de cette sanction pour venir en aide aux boxeurs professionnels samoans qui s’entraînent dans des conditions très difficiles. Il a mis en vente sur Trade me, un site d’e-commerce, le fameux protège-dents, ainsi qu’une paire de crampons portés pendant cette CDM.

Son jeune frère aura peut-être une idée similaire. Car Manu Tuilagi, qui joue pour l’Angleterre, a commis la même infraction lors de la rencontre contre la Géorgie, en portant un protège-dent d’une autre marque. Dans une interview vidéo accordée à la BBC, il explique l’avoir porté dès le premier match de la Coupe du monde, contre l’Argentine, sans se rendre compte de son erreur. Sur les images, Tuilagi est très contracté et rigole de l’incident. Probablement car la prime promise aux joueurs en cas de victoire en quart de finale face à la France couvrira largement le montant de cette amende… O.B.

MISE A JOUR 12/10/2011: l’enchère gagnante s’est élevée à 3 500 euros

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La possibilité d’une île

29 septembre 2011

Lorsque l’expression rugby des îles est utilisée par les amateurs de ballon ovale, elle fait référence à trois nations : les Tonga, les Samoa et les Fidji. N’en déplaise aux Néo-Zélandais, aux Celtes ou aux Britanniques, leur rugby ne rentre pas dans cette catégorie. Or, le rugby îlien est en grand danger dans cette septième édition de la Coupe du monde. Ses trois représentants risquent en effet de ne pas poursuivre cette compétition au déjà de la phase de qualification. Si les Tonga n’ont jamais atteint le stade des quarts de finale, les équipes des Samoa et des Fidji se sont déjà qualifiées deux fois chacune. Et l’équipe des Samoa reste en course dans cette édition 2011.  A égalité de points avec le pays de Galles dans le groupe D, les Samoans jouent leur va-tout le 30 septembre face à l’Afrique du Sud. Un succès assorti d’un point de bonus leur permettrait de ravir la première place aux Springboks. Mais un simple point de bonus défensif  pourrait également faire l’affaire pour la qualification en quarts de finale: tout dépendra ensuite du résultat de la rencontre entre le pays de Galles et les Fidji, programmée le 2 octobre (cf calendrier).

Le match face aux Sud-Africains, champions du monde en titre, a donné lieu à une nouvelle salve de critiques dans les médias samoans contre l’organisation injuste de cette compétition. « Alors que les Springboks ont eu droit à huit jours de repos depuis leur match face à la Namibie (le 22/09), les Samoa n’auront pu profiter que de quatre jours pour soigner leurs corps meurtris après depuis leur victoire sur les Fidji (cf vidéo ci-dessous) », écrit Savea Sano Malifa dans un éditorial du Samoa Observer. Un joueur samoan, Eliota Fuimaono-Sapolu, avait déjà choisi de dénoncer publiquement cette situation après le match face au pays de Galles. Dans une poule très relevée, les phases de récupération jouent effectivement  un rôle déterminant. Mais les Samoans ne manquent pas de ressources et espèrent créer un exploit, comme ils l’avaient fait en juillet face à l’Australie. « L’équipe des Samoa ne va pas pleurnicher ou se plaindre. Bien au contraire », prévient Savea Sano Malifa. En 2007, les Sud-Africains et les Samoans s’étaient déjà affrontés en phase de poule. Et la rencontre avait largement tourné en faveur des Springboks (59-7) qui avaient alors remporté la première de leur sept victoires sur la voie du titre mondial. O.B.

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Le combat du Pacifique

24 septembre 2011

Dans un coin, les Fidji, déjà cinq Coupes de monde au compteur et deux quarts de finale à la clef (1987, 2007). Dans l’autre, les Samoa avec un palmarès similaire: cinq Coupes du monde et deux quarts de finale (1991, 1995). Or, ces deux rivaux du Pacifique ne se sont jamais affrontés en Coupe du monde. Réunies au sein du groupe D, elles auront l’occasion de le faire pour la première fois dimanche, le 25 septembre (cf calendrier). Une rencontre dont le perdant sait qu’il verra s’envoler toutes ses chances de qualification pour les quarts de finale. La lutte s’annonce donc très serrée entre les Samoa et les Fidji qui, dans le dernier classement mondial de la Fédération internationale de rugby (IRB) pointent respectivement à la 12e et à la 14e place. leur dernière confrontation remonte à juillet 2011, lors de la Coupe des Nations du Pacifique, et les Fidji avaient alors emporté cette rencontre (36-18, cf vidéo ci-dessous).

Le quotidien anglais britannique The Guardian décrit l’ambiance très particulière dans laquelle va se dérouler cette rencontre à Auckland. « On estime qu’il y a plus de Samoans vivant en Nouvelle-Zélande que dans leur pays« , rappelle le journal. La photo ci-dessus atteste de leur ferveur et de leur confiance dans l’équipe nationale, qui a réalisé un retentissant exploit en juillet dernier avec une victoire sur l’Australie (32-23). Mais les Fidjiens ont également fait le déplacement en masse FijiTimes pour venir soutenir leur équipe nationale. Et le supporters des deux camps ne peuvent pas imaginer que leurs protégés perdent cette rencontre très attendue. « Le rugby des îles a quelque chose de très spécial, qu’il s’agisse des Fidji, des Samoa ou des Tonga. Et pour une fois, le monde entier aura les yeux sur nous« , explique l’ouvreur fidjien Nicky Little, cité par le journal. Le vétéran, choisi pour être titulaire au coup d’envoi de ce match (cf composition), fait la une du quotidien Fiji times: Little, qui participe à sa quatrième Coupe du monde,  fêtera sa 70e sélection face aux Samoa . O.B.

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Un Samoan s’en prend aux « esclavagistes » de l’IRB

19 septembre 2011

Le trois-quart centre samoan Eliota Fuimaono-Sapolu n’a pas marqué de points dans cette Coupe du monde, sur la pelouse comme auprès de la Fédération internationale de rugby (IRB). Il n’a en effet pas hésité à laisser exploser sa colère sur twitter après la défaite de son équipe, le 18 septembre, face au pays de Galles (10-17). La raison : le calendrier de cette Coupe du monde qui a permis aux Gallois d’avoir sept jours de repos avant de disputer cette rencontre cruciale dans le groupe D, le plus relevé de la compétition. Les Samoans n’ont, eux, pu profiter que de quatre jours, leur premier match dans cette compétition ayant eu lieu le 14 septembre. « IRB, arrête d’exploiter mon peuple. Tout ce que nous demandons, svp, c’est de l’équité. S’ils ont droit à une semaine, alors donne-nous aussi une semaine. C’est simple », a notamment écrit Eliota Fuimaono-Sapolu, qui joue dans le championnat anglais sous les couleurs de Gloucester. « Donnez trois jours de repos aux Gallois et une semaine aux Samoas. Nous les aurions tués!! », a également écrit le joueur dans la myriade de twitts postés au cours des 24 dernières heures sur son compte.

« Le joueur âgé de 30 ans a mis son avenir en péril en décidant de défendre de cette manière la cause, pourtant juste, des petites nations du rugby« , écrit le quotidien britannique Daily Mail. L’IRB pourrait en effet réagir durement aux accusations portées. Côté gallois, on tient à rappeller que les deux équipes n’ont également pas eu droit à la même entrée en matière dans cette Coupe du monde. Alors que les Gallois affrontaient d’emblée les Sud-Africains, champions du monde en titre, les Samoans étaient opposés aux Namibiens, petit poucet de cette septième édition de la CDM. O.B.

MISE A JOUR 20/09/2011: l’IRB  a accepté les excuses officielles de la délégation samoane et ne donnera pas suite à cette affaire. Aux Samoans désormais de sanctionner, ou non, le joueur.

 

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Paires de frères

6 septembre 2011

La première Coupe du monde a vu deux frères décrocher ensemble le titre mondial: les jumeaux néo-zélandais Alan et Gary Whetton. Ils occupaient respectivement les postes de deuxième-ligne et de flanker chez les All Blacks. En 2007, une autre équipe alignait des frères jumeaux: l’Argentine avec Felipe et Manuel Contepomi, qui ont participé ensemble aux éditions 2003 et 2007. Deux trois-quarts qui ont même composé à cinq reprises  en Coupe du monde la paire de centres des Pumas (cf livre « Rugby, Coupe du monde inédite»). Et ce sera le tour de l’Australie en 2011 avec Anthony et Saia Faingaa.

D’autres frères ont réussi à être sacrés champions du monde ensemble: les premières lignes sud-africains Bismarck et Jannie du Plessis. Tout deux étaient remplaçants lors de la finale gagnée par les Springboks en 2007 face à l’Angleterre. Et ils peuvent espérer obtenir un nouveau titre mondial en Nouvelle-Zélande puisqu’ils font partie du groupe de 30 joueurs retenus pour cette compétition. Un trophée également convoité par une autre paire de frères premières-lignes: les piliers néo-zélandais Ben et Owen Franks (cf photo ci-dessus). Ils jouent aussi dans le même club, celui des Crusaders. Tout comme les du Plessis qui portent les couleurs du même club sud-africain, celui des Sharks.

La compétition qui débute le 9 septembre (cf calendrier) permettra également aux frères italiens Mauro et Mirco Bergamasco de disputer une nouvelle Coupe du monde ensemble, après celles de 2003 et de 2007 (cf vidéo ci-dessous). Pour les Namibiens Darryl et Ryan de la Harpe, il s’agira par contre d’une première. Tous deux sont arrivés voilà peu en équipe nationale, ne totalisant que onze sélections. Et ils auraient même pu jouer en Nouvelle-Zélande avec leur jeune frère, Sergio, qui n’a finalement pas été retenu par le sélectionneur Johan Diergaardt. Il se tient cependant prêt, au cas où… Enfin, la prochaine Coupe du monde permettra également à deux frères tongiens de se retrouver. Mais ils n’évolueront pas ensemble sur la pelouse: Isitolo Maka, qui a porté le maillot des All Blacks, sera l’entraîneur des Tonga, tandis que son jeune frère Finau en sera le capitaine.

MISE A JOUR (07/09): cette note m’a vraiment donné du fil à retordre tant les frères sont nombreux sont cette  CDM et pas mal d’entre eux avaient été oubliés dans la version précédente. Certaines fratries pourtant aux yeux: les Canadiens Jamie et Phil Mackenzie, les Ecossais Sean et Rory Lamont, les Samoans George et Tusi Pisiata ou les Américains Andrew et Roland Suniula. D’autres liens familiaux sont plus difficiles à repérer car les frères ne jouent pas toujours sous le même maillot. C’est le cas d’Alesana Tuilagi (Samoa) et Manu Tuilagi (Angleterre), Salesi Ma’afu (Australie) et Campese Ma’afu (Fidji), ainsi que Sailosi Tagicakibau (Samoa) et Michael Tagicakibau (Fidji). Soit 13 paires de frères en tout dans cette CDM. Cette fois, le compte est bon !

O.B.

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Qui rejoindra Brian Lima ?

4 septembre 2011

Sur le terrain, le trois-quart samoan Brian Lima était connu pour ses plaquages dévastateurs et il a marqué plus d’un adversaire, avec des gestes souvent sanctionnés par l’arbitre. Mais le « chiropracteur » (cf livre « Rugby, Coupe du monde inédite »), qui a pris sa retraite internationale en 2007, a su marquer d’une autre manière l’Histoire de la Coupe du monde: il est le seul joueur à avoir disputé cinq éditions. Brian Lima n’avait décroché que deux sélections avec les Samoa lorsqu’il a été invité à jouer sa première Coupe du monde, en 1991. Et il a été présent lors des quatre rendez-vous suivants, en 1995, 1999, 2003 et 2007.

Le site ESPN Scrum, une mine d’or pour les passionnés de rugby à la recherche de statistiques sur les joueurs internationaux, dresse une liste non exhaustive des joueurs qui ont disputé quatre Coupes du monde. Il en recense dix: George Gregan (Australie), Al Charron, Rod Snow et Gareth Rees (Canada), Carlo Cecchinato et Alessandro Troncon (Italie), Romeo Gontineac (Roumanie), Gareth Thomas (pays de Galles) et les Anglais Jason Leonard et Mike Catt (piétiné par Lomu en 1995, cf vidéo ci-dessous). Au moins deux joueurs viennent s’y ajouter : le demi-de-mêlée français Fabien Galthié et le deuxième-ligne argentin Pedro Sporleder.

Aucun de ces joueurs ne sera présent sur les terrains néo-zélandais et Brian Lima pourra donc tranquillement conserver son record. Mais il pourrait être menacé si certaines stars actuelles de l’ovale décident de prolonger leur carrière quatre ans de plus. Des joueurs comme l’Irlandais Brian O’Driscoll ou l’Anglais Jonny Wilkinson s’apprêtent à disputer leur quatrième Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Et ils auront 36 ans pour la l’édition 2015 qui se déroulera en Angleterre.  Le Gallois Stephen Jones et l’Argentin Felipe Contepomi, sur le point également de participer à leur quatrième CDM, auront, eux, respectivement  37 ans et 38 ans. Il paraît cependant très difficile que leurs organismes leur permettent de relever un tel défi. Idem pour les Argentins Mario Ledesma (38 ans) et Martin Scelzo (35 ans), le Fidjien Nicky Little (35 ans le 13 septembre) et l’Italien Mauro Bergamasco (32 ans) qui, sauf miracle sportif, joueront en Nouvelle-Zélande leur quatrième et dernière Coupe du monde. O.B.

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Le bon timing samoan

26 août 2011

A partir du 29 décembre 2011, les Samoa changeront de fuseau horaire. Cette décision annoncée par le Premier ministre Tuilaepa Sailele Malielegaoi au mois de mai a pour but de rapprocher, en terme d’heures, cet état polynésien de ses principaux partenaires commerciaux, basés pour la plupart en Australie et en Nouvelle-Zélande. Et les samoans espèrent que d’ici-là, la Coupe du monde de rugby qui débute le 9 septembre leur permettra également de se rapprocher sportivement des Wallabies et des All Blacks.

Pour les Samoans, le meilleur souvenir de Coupe du monde remonte à 1991 où ils avaient fait une tonitruante entrée sur la scène internationale. Ils avaient alors réussi à se qualifier pour les quarts de finale, après avoir obtenu une retentissante victoire sur le pays de Galles (16-13) en match de poule à Cardiff. L’équipe samoane avait alors pu s’appuyer sur le talent de l’ouvreur Stephen Bachop (cf photo), un joueur qui a ensuite été sélectionné par les All Blacks (cf le livre « Rugby, Coupe du monde inédite). En 1995, les Samoans atteignaient de nouveau les quarts de finale et tombaient alors lourdement (14-42) face aux futurs champions du monde, les Springboks. En 1999, 2003 et 2007, ils ne sont pas sortis des matchs de poule.

Ces trois échecs successifs alimentent une frustration que les Samoa espèrent bien effacer en Nouvelle-Zélande. Pendant de nombreuses années, leurs meilleurs joueurs ont porté les couleurs d’autres sélections qui pouvaient leur proposer un meilleur avenir. Mais les talents samoans font désormais le bonheur des grands clubs professionnels et peuvent rester fidèles aux couleurs de leur île. Du coup, la sélection samoane regorge de talents et affiche un visage de plus en plus compétitif. L’Australie l’a appris à ses dépends mi-juillet en s’inclinant face à cette équipe (23-32). Les Wallabies avaient certes décidé d’aligner ce jour-là une équipe remaniée (cf vidéo ci-dessous). Mais la victoire samoane a frappé les esprits. Et elle a logiquement donné une bonne dose de confiance aux Samoans, à commencer par le Premier ministre qui pronostique une victoire finale des ses protégés en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, à la différence de l’Australie ou de la Nouvelle-Zélande, ils n’ont pas bénéficié d’une très bonne préparation pour cette compétition car la fédération locale manque cruellement de ressources. Il faudra réussir un jour à rapprocher la préparation des différentes équipes pour favoriser l’équité sportive. O.B.

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Les Samoa sans le sou

24 juillet 2011

Il faut descendre très bas dans le classement mondial des PIB établi par la Banque mondiale pour trouver les Samoa. En 2010, cet archipel pointe à la 178e place (sur 188), juste un peu au dessus des Tonga (183). Mais à la différence des Fidji ou des Tonga, les Samoa font partie de la liste des pays les moins avancés établie par la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Une situation qui explique aisément la difficulté pour cet archipel d’environ 180.000 habitants de soutenir financièrement son équipe nationale de rugby, Manu Samoa, dans sa préparation pour la Coupe du monde. Du coup, la Fédération locale a décidé de lancer un appel aux dons. Au milieu de la page d’accueil de son site Internet figure un onglet «Dons », juste au-dessus d‘une vidéo dans laquelle Premier ministre samoan Tuilaepa Sailele Malielegaoi encourage les rugbymen samoans (cf vidéo ci-dessous). Il leur faut 6.5 millions de talas pour préparer la Coupe du monde, soit environ 2 millions d’euros. Grâce aux sponsors, pratiquement un tiers de cette somme devrait être couverte. Et les Samoa comptent sur la solidarité pour boucler le reste du budget.

Le récent coup d’éclat des joueurs samoans face à l’Australie, battue chez elle le 16 juillet (23-32), prouve à quel point cette équipe peut se montrer compétitive. La plupart des internationaux samoans sont professionnels car ils évoluent dans de grands clubs des championnats européens ou du Super Rugby. Or, ils doivent pouvoir s’entraîner dans de bonnes conditions pour avoir le même rendement avec leur sélection. Et s’il est intéressant de voir que la mobilisation internationale via Internet porte ses fruits –  les dons ne cessant d’arriver -, il revient aux instances du rugby de trouver des solutions durables pour ces nations. « Etant donné la manière dont le rugby international est structuré, on a tendance à oublier entre deux Coupes du monde à quel point ces îles sont fortes. Ces petites pays nous offrent les moments les plus palpitants des Coupes du monde », rappelle le chroniqueur Chris Rattue dans The New Zealand Herald. Comme le raconte Didier Camberabero dans le livre « Rugby, Coupe du monde inédite », les Bleus avaient ainsi été « secoués » en 1987 par les Fidji en quart de finale. Et ceux de 2011 auront l’occasion de « goûter » aux Tonga le 1er octobre pour leur dernier match de poule.O.B.

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Le Pacifique ne veut plus être pillé

20 juillet 2011

Pour sa tournée annuelle dans les îles voisines, Murray McCully, qui occupe à la fois le portefeuille des Affaires étrangères et celui des Sports au sein du gouvernement néo-zélandais, avait choisi d’emmener un hôte de marque: l’ancien trois quart Jonah Lomu, véritable monument du rugby mondial. La première escale a eu lieu le 12 juillet aux Tonga, où Jonah Lomu a passé son enfance (cf vidéo ci-dessous). A moins de deux mois de la Coupe du monde, les autorités néo-zélandaises voulaient rappeler l’importance de cet événement pour toute la région du Pacifique. Sur le plan politique, la Nouvelle-Zélande y joue un rôle politique déterminant. Elle accueillera d’ailleurs juste avant le début de la compétition le Forum des îles du Pacifique, une organisation de coopération régionale qui réunit des pays indépendants et des territoires associés de l’Océanie.

La délégation néo-zélandaise a ensuite mis le cap sur les Samoa où Lomu a une nouvelle fois été accueilli en héros. Murray McCully en a profité pour inciter les habitants des nations du Pacifique à se mobiliser pour la Coupe du monde, en insistant sur le fait que cette compétition ne peut pas avoir lieu plus près de chez elles. Une proximité dont les Néo-Zélandais pourraient aussi profiter pour aider un peu plus le rugby des îles, estime le  journal The Samoan Observer.« Les équipes du Pacifique son mal préparées et elles auront beaucoup de mal à jouer les premiers rôles en Nouvelle-Zélande. Et ce qui est triste, c’est que la Nouvelle-Zélande aurait pu nous aider en réussissant à convaincre la Fédération internationale de rugby (IRB) de modifier les règles d’éligibilité afin que des équipes des Samoa, des Fidji ou des Tonga puissent être renforcées ».

Le journal s’en prend au règlement de l’IRB qui empêche un joueur de jouer pour son pays d’origine s’il a porté les couleurs d’une autre nation (cf le livre « Rugby, Coupe du monde inédite’« ). « Que font pour nous nos plus proches voisins, à savoir la Nouvelle-Zélande et l’Australie ?  Que font-ils à part mettre la main sur de nombreux joueurs talentueux en leur donnant une sélection pour un match international sans enjeu ?« , explique le journal, en regrettant que ces joueurs ne puissent plus ensuite jouer les Fidji, les Samoa ou les Tonga. Une situation qui contribue à affaiblir énormément ces sélections qualifiées pour la Coupe du monde. Pour Mata’afa Keni Lesa, l’auteur de la tribune, les équipes du Pacifique sont envoyées « à la boucherie » face aux grandes nations du rugby. « Rappelez-vous de mes mots: la Nouvelle-Zélande va très largement gagner face aux Tonga (lors du match d’ouverture le 9 septembre)« . La récente victoire (23-32) des Samoa sur l’Australie lui redonnera peut-être l’espoir de voir ses protégés briller en Nouvelle-Zélande.O.B.